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Cosmétique bio : naturel ne veut pas toujours dire sans risque

  • Amina Driouech
  • 9 nov.
  • 5 min de lecture

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iles essentielles et plantes : quand la nature agit comme perturbateur endocrinien

On associe souvent le “bio” à la sécurité, à la pureté et à la santé. En cosmétique, les produits certifiés biologiques inspirent confiance : ils sont perçus comme plus doux, plus respectueux du corps et de la planète. Mais une idée reçue persiste — bio ne signifie pas toujours sans risque.

Certaines huiles essentielles et plantes utilisées dans les formules naturelles peuvent, par leur composition même, interférer avec le système hormonal.

Elles ne sont pas “toxiques” au sens classique du terme, mais elles peuvent agir comme de véritables perturbateurs endocriniens naturels, tout comme certaines molécules chimiques.

Cet article vous propose un regard éclairé pour mieux comprendre et choisir vos cosmétiques bio — en toute conscience, notamment si vous êtes sujette à des déséquilibres hormonaux, des troubles thyroïdiens ou en période de ménopause.


Ce que garantit vraiment un cosmétique bio

Un cosmétique certifié biologique (Ecocert, Cosmebio, Natrue, BDIH, Soil Association, etc.) repose sur un cahier des charges rigoureux.

Ce que le label garantit :

  • l’absence d’ingrédients issus de la pétrochimie (silicones, paraffine, PEG…)

  • pas de colorants ni de parfums synthétiques

  • pas de conservateurs controversés comme les parabènes ou le phénoxyéthanol

  • l’utilisation d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle

  • un pourcentage défini d’ingrédients issus de l’agriculture biologique

  • des procédés de fabrication écologiques et éthiques


Mais ce qu’il ne garantit pas, c’est l’absence totale de perturbateurs endocriniens d’origine naturelle.

Un produit bio peut contenir des composés végétaux aux effets hormonaux, sans que cela soit explicitement indiqué sur l’étiquette.


Huiles essentielles : quand la nature influence les hormones

Les huiles essentielles sont de véritables concentrés de chimie végétale. Chacune contient des centaines de molécules actives, capables d’exercer des effets biologiques puissants. Certaines de ces molécules imitent ou modulent l’action de nos hormones, notamment les œstrogènes.

Parmi les plus concernées :

  • La lavande vraie : ses molécules de linalol et de linalyl acétate présentent une activité œstrogénique et antiandrogénique. On la retrouve dans de nombreux soins apaisants ou produits pour enfants.

  • Le tea tree (arbre à thé) : riche en terpinène-4-ol et α-terpinéol, il présente des effets similaires sur les récepteurs hormonaux.

  • La sauge sclarée : son sclaréol agit comme un phyto-œstrogène naturel, très utilisé dans les soins féminins et les parfums.

  • Le fenouil doux et l’anis vert : tous deux riches en anéthol, ils exercent une action œstrogénique notable.

  • Le cyprès : soupçonné de moduler certaines voies hormonales via le cédrol.

  • Le géranium rosat : contient du géraniol et du citronellol, connus pour une activité œstrogénique légère.

  • La menthe poivrée : à forte dose, le menthol pourrait influencer la production de testostérone.

Ces huiles essentielles ne sont pas dangereuses en soi, mais leur usage répété et prolongé peut perturber l’équilibre hormonal — surtout chez les enfants, les femmes enceintes, ou les personnes présentant des troubles endocriniens ou thyroïdiens.


Plantes et extraits végétaux à activité hormonale

Certaines plantes, très utilisées en cosmétique naturelle, contiennent des phytohormones capables d’imiter ou de moduler l’action des hormones humaines.

Parmi elles :

  • Le soja et le trèfle rouge, riches en isoflavones, sont connus pour leur effet œstrogénique, souvent exploité dans les soins anti-âge et raffermissants.

  • La réglisse possède des composés (glycyrrhizine, glabridine) aux effets œstrogéniques et antiandrogéniques, utilisés dans les soins apaisants ou éclaircissants.

  • Le houblon, très présent dans les soins raffermissants, contient une molécule (8-prénylnaringénine) considérée comme l’un des phyto-œstrogènes les plus puissants.

  • Le palmier nain agit de manière antiandrogénique, utile dans les soins contre la chute de cheveux.

  • Le ginseng est un modulateur hormonal global, présent dans les soins revitalisants.

  • Le yam sauvage et la pueraria mirifica, souvent inclus dans des crèmes “équilibrantes” ou “lifting”, contiennent des précurseurs d’hormones stéroïdes.

  • Le lin et la camomille ont des effets plus doux, mais restent actifs sur la modulation hormonale.

Ces ingrédients ne sont pas à bannir, mais à connaître : la nature agit parfois avec autant de puissance qu’une molécule de synthèse.


Perturbateurs endocriniens : naturels ou synthétiques, le même principe

Un perturbateur endocrinien est une substance capable de perturber le fonctionnement hormonal :

  • en imitant une hormone naturelle,

  • en bloquant son action,

  • ou en modifiant sa production.

Leur origine n’est pas ce qui détermine leur impact : certaines sont chimiques, d’autres naturelles. Ainsi, un parabène peut activer les récepteurs œstrogéniques, mais une huile essentielle de lavande ou un extrait de soja peut produire le même effet, naturellement.

Le véritable enjeu est de comprendre le mécanisme d’action de chaque ingrédient, au-delà de son étiquette “bio” ou “naturel”.


Comment choisir ses cosmétiques en toute sécurité

Voici quelques bons réflexes simples et efficaces :

  • Lire la composition : repérez les huiles essentielles et extraits de plantes à effet hormonal.

  • Limiter les usages répétés : un soin ponctuel ne pose généralement pas de problème, mais l’exposition cumulative quotidienne peut devenir significative.

  • Éviter certaines huiles essentielles pendant la grossesse, l’allaitement, la ménopause sous traitement hormonal, ou en cas de troubles endocriniens (thyroïde, SOPK, endométriose).

  • Privilégier les gammes sans huiles essentielles ou sans phytohormones.

  • Faire confiance aux marques transparentes, qui précisent parfois “formulé sans ingrédient à effet hormonal connu”.


Vers une beauté consciente et informée

Choisir des cosmétiques bio reste une démarche précieuse : pour votre santé, pour la planète et pour réduire l’exposition aux produits chimiques. Mais “bio” ne veut pas dire “sans effet sur les hormones”.

L’enjeu aujourd’hui est d’aller plus loin : comprendre la biologie derrière la nature, et accueillir la puissance du végétal avec discernement. La beauté consciente, c’est celle qui unit la science, la nature et le respect du corps.

Chaque choix que vous faites sur votre peau est un acte d’amour envers vous-même. 🌷


À retenir

  • Le label bio garantit une formulation plus propre, mais pas forcément sans perturbateurs endocriniens naturels.

  • Certaines huiles essentielles et plantes agissent sur le système hormonal, même à faibles doses.

  • Les femmes enceintes, les enfants et les personnes avec troubles hormonaux doivent être particulièrement vigilants.

  • La clé : privilégier la transparence, varier les produits et écouter les réactions de votre corps.


La beauté consciente, c’est celle qui allie :


la nature,


la science,


et le respect du corps.


Sources et références


Henley DV et al., “Prepubertal Gynecomastia Linked to Lavender and Tea Tree Oils”, New England Journal of Medicine, 2007.


Routledge EJ et al., “Phytoestrogens: the natural endocrine disruptors”, Environmental Health Perspectives, 1998.


Khan SA et al., “Endocrine-disrupting chemicals: natural and synthetic sources”, Reviews in Endocrine & Metabolic Disorders, 2022.


ANSES (France), Perturbateurs endocriniens : définition et enjeux sanitaires, 2019.


Commission Européenne, Endocrine Disruptors Strategy, 2020.


Cosmebio & Ecocert, Référentiels de certification cosmétique biologique, 2023.

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